Prothèse Totale de Hanche - Chirurgie Orthopédique et Traumatologique

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Prothèse Totale de Hanche

Chirurgie de la hanche


Si le cartilage est usé de façon importante, en raison d’un phénomène de vieillissement naturel, ou bien à cause de déformations anciennes des surfaces osseuses, ou encore dans les suites de traumatismes ou de diverses maladies, il se produit un « grippage » lors des mouvements de la hanche, entrainant plus ou moins rapidement un contact direct entre os du bassin et os de la cuisse (fémur), et progressivement une déformation des structures osseuses elles-mêmes. C’est un peu comme un roulement à bille qui perdrait ses billes avec grippage du mécanisme et déformation progressive de l’ensemble du système mécanique. Une autre image fréquemment utilisée est celle d’une roue dont le pneu se dégonflerait progressivement et qui verrait sa jante frotter directement et s’abimer contre la route.


Ce fonctionnement anormal de l’articulation entraîne progressivement des douleurs, survenant tout d’abord simplement à la marche ou à la reprise d’activités, puis devenant continuelles avec apparitions de douleurs nocturnes. Ces douleurs sont généralement situées au niveau du pli de l’aine, mais elles peuvent se manifester également au niveau de la fesse, de la cuisse ou du genou.
Les activités de la personne sont perturbées, notamment celles nécessitant la station debout et la marche : une boiterie apparait et rend parfois obligatoire l’utilisation d’une canne ou de béquilles. De même la pratique des escaliers est limitée ; les activités habituelles deviennent fréquemment de réalisation difficile.


La hanche peut s’enraidir, et certains mouvements ne sont plus possibles, en particulier la rotation interne (quand on fait pivoter la jambe vers l’intérieur). Le mauvais fonctionnement de l’articulation de la hanche peut en outre retentir de façon très défavorable sur les articulations voisines, et notamment  la partie basse de la colonne vertébrale.


Les médicaments contre la douleur deviennent de moins en moins efficaces, induisant une limitation des activités de plus en plus importante. Telle est l’évolution clinique de l’arthrose de hanche, appelée aussi coxarthrose, qui peut se faire sur un mode progressif continu, mais également sur un mode intermittent, avec une alternance de périodes de calme et de poussées douloureuses et handicapantes.


Le bilan radiologique confirme généralement l’importance de la perte de cartilage articulaire, avec des images de rétrécissement de l’espace articulaire, et des signes de réaction osseuse à ce dysfonctionnement : condensation de l’os au voisinage de l’articulation, production d’éperons osseux (ostéophytes), apparition de « trous osseux » (géodes).


Votre chirurgien a comme possibilité de vous proposer de remplacer votre articulation de la hanche par une prothèse de hanche. Cette intervention de pose de prothèse totale de hanche, totale car elle remplace à la fois la tête du fémur et la cavité acétabulaire,  est la solution habituelle en cas de coxarthrose évoluée.


Après un bilan pré-opératoire incluant généralement examens sanguins, cardiaques et pulmonaires, la consultation de pré-anesthésie va apprécier votre état de santé et rechercher toute contre-indication à l’anesthésie. L’intervention peut être effectuée soit sous anesthésie générale, soit anesthésie de la moitié basse du corps (anesthésie rachidienne ou rachianesthésie).


Le chirurgien va extraire la tête du fémur qui est souvent très abîmée et déformée, puis ensuite préparer la cavité acétabulaire et le fémur de façon à y fixer les deux parties de la prothèse de hanche (ou PTH).
La pièce prothétique logée dans le bassin correspond à une cupule hémisphérique qui va être solidement fixée dans la cavité acétabulaire et correctement orientée de façon à permettre à cette hanche de bouger correctement dans toutes les directions après l’intervention. La partie fémorale de la prothèse est une tige qui est ancrée dans le fémur et au sommet de laquelle va être adaptée une bille, en métal ou en céramique. La parfaite adaptation de cette bille fémorale à la cupule acétabulaire qui va l’accueillir va permettre le jeu prothétique et les mouvements de la hanche.
La fixation de la prothèse peut s’effectuer soit avec du ciment acrylique soit par un mécanisme de réhabitation directe de la prothèse par le tissu osseux avoisinant grâce à un revêtement dit « bioactif » tel que l’hydroxyapatite, un peu comme l’adhésion du corail sur la roche ; par ailleurs la fixation prothétique dépend d’une parfaite adaptation de sa taille à la taille de l’os receveur, la prothèse étant impacté, enclavé dans ce dernier.


C’est ainsi qu’une possible fracture osseuse lors de la préparation ou la mise en place de la prothèse peut nécessiter une réparation  (ostéosynthèse) par cerclage métallique, ou pose de vis ou de plaque. Ces complications restent rares, tout comme les blessures accidentelles d’un vaisseau ou d’un nerf (notamment le nerf sciatique).
Trois complications classiques peuvent survenir dans les suites de l’intervention, et sont donc combattues systématiquement et précocement de façon à prévenir leur survenue :
- Les phlébites (thromboses veineuses profondes) et embolies pulmonaires correspondent à un ou plusieurs caillots (bouchons de sang coagulé) formés dans une veine de la jambe ou de la cuisse (phlébite) qui peuvent ensuite migrer vers le cœur puis vers le poumon (embolie pulmonaire). La formation de ces amas de sang coagulé dans les veines peut être évitée par un traitement anticoagulant préventif. Différents médicaments et différentes voies d’admistration (voie orale ou voie injectable sous-cutanée) sont disponibles ; le choix est fonction des antécédents du patient et du type de chirurgie.
- L’infection reste la complication la plus redoutée et toutes les précautions sont prises avant, pendant et après l’intervention. Avant l’intervention, il faut vérifier l’absence de « réservoir de microbes » tels qu’un abcès dentaire, une infection des urines ou de la peau, ou tout autre état infectieux local ou à distance de la région de la hanche. Une préparation cutanée vous sera recommandée en complément de la préparation pré-opératoire proprement dite. Des antibiotiques sont systématiquement prescrits au moment de l’intervention, et peuvent devoir être prolongés par la suite dans certains cas. Après votre retour et tout au long de votre vie, vous devrez en cas d’infection (peau, poumons, urines, dents, etc) systématiquement prendre des antibiotiques pour éviter à un microbe de passer dans le sang et venir coloniser votre prothèse articulaire.
- La luxation de la prothèse : lorsque la tête à l’extrémité de la tige fémorale se déboîte de la cavité du cotyle, on parle de luxation prothétique. Ces luxations nécessitent alors de remettre la tête de la prothèse fémorale dans sa cavité, le plus souvent grâce à une brève anesthésie générale, au moyen de manipulations externes qui le plus souvent évitent une réopération. Il faut éviter ces luxations en suivant les recommandations de prudence que vous prodiguera votre chirurgien en fonction de la prothèse mise en place et de la façon dont il a ouvert l’articulation. N’hésitez pas à le questionner et à interroger en complément votre kinésithérapeute pour connaître les mouvements à éviter absolument, au moins durant les 6 premières semaines. Après cette première période, en principe les risques de luxation sont beaucoup plus rares, autorisant une vie normale.



L’hospitalisation dure généralement 5 à 10 jours. Les douleurs sont le plus souvent modérées et sont désormais grandement minimisées par le recours aux médicaments antalgiques , avec fréquemment en post-opératoire utilisation de pompes à morphine. Questionnez votre médecin anesthésiste au sujet de la prévention des douleurs en post-opératoire.

La reprise de la marche, d’abord avec un déambulateur, puis avec deux cannes et ensuite avec une seule canne, est rapide et sera aidée par les conseils du kinésithérapeute durant votre séjour.

Après l’hospitalisation votre chirurgien vous orientera vers un centre de rééducation ou pourra autoriser le retour à domicile, avec assiatnce d’un kinésithérapie durant plusieurs semaines, et reprise précoce et progressive des activités usuelles.
La reprise des activités professionnelles dépend de chaque personne et de la nature du travail, le plus souvent entre 2 à 6 mois.
Pour les activités sportives, celles-ci sont généralement autorisées après un certain délai : il faudra questionner votre chirurgien à propos des modalités de reprise et des sports autorisés dans votre cas.


Dans la plupart des cas, la reprise normale de toutes les activités est obtenue et permet de parler de « hanche oubliée », permettant la reprise d’une vie normale,  compte tenu de votre âge.
Il faudra cependant veiller à effectuer des visites de contrôle, avec réalisation de radiographies, qui sont absolument indispensables et s’effectuent à intervalles réguliers, en principe au moins à 1 an de l’opération, à 2 ans, puis tous les 2 ans si tout va bien. En effet des modifications osseuses peuvent survenir autour de la hanche, et au niveau de la prothèse elle-même (usure, kystes réactionnels, bascule, déstabilisation des implants que l’on appelle « descellement »…), n’entraînant pas obligatoirement des douleurs ou une diminution de votre activité. Il est donc essentiel de reconnaitre ces complications à long terme pour les prendre en charge avant aggravation, en particulier avant une usure osseuse excessive. Dans  tous les cas, l’apparition de douleurs ou d’une limitation de vos activités doit vous conduire à consulter votre médecin traitant qui sollicitera éventuellement si besoin votre chirurgien.

On disait autrefois que la durée de vie d’une prothèse était limitée à 10 ans…  Ceci n’est plus vrai à l’heure actuelle avec les nouvelles prothèses, dont la fixation et la résistance à l’usure ont été très fortement améliorées, autorisant un fonctionnement satisfaisant durant de très nombreuses années. Il faudra bien naturellement se souvenir que cette prothèse reste soumise à des contraintes importantes lors des activités physiques, et que l’os avec l’âge perd une partie de ses capacités de résistance, ce qui peut expliquer qu’une partie de la prothèse puisse se déstabiliser avec le temps. Il sera donc absolument nécessaire de faire contrôler cette prothèse auprès de votre chirurgien à intervalles réguliers.

Prothèse "Moderne"

Tige courte
Grosse tête
Couple céramique-céramique

Prothèse "Standard"

Tige longue
Petite tête
Couple métal - polyéthylène










Fiche informative fournie par la
Société Française de la Hanche et du Genou

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